04.04.2012
Éclairage
Soir du 5 octobre 2011. Le World accoste à Trieste. Nous descendons faire une première exploration de cette ville portuaire.
En quelques pas nous sommes déjà sur la Place de l’Unité italienne, la plus grande place d’Europe qui s’ouvre sur la mer selon le guide Michelin.
Dans ce quadrilatère s’y déploient harmonieusement éclairés édifices publics et palais néo-renaissance. La place est peu fréquentée à cette heure. Nous pouvons admirer à loisir les détails architecturaux inspirés de la Grèce antique. Les ordres classiques se côtoient sans surcharge. Parmi eux un édifice vénitien couvert de mosaïques brille de mille feux. Une splendeur!
Nous y reviendrons. Mais pour l’heure nous partons à la recherche d’un restaurant. Nous explorons les alentours. Dans une rue piétonnière nous résistons à l’attrait des vitrines des boutiques, succombons à l’appel d’un café-terrasse illuminé de lanternes pour notre premier repas à l’italienne.
Avant de remonter à bord nous passons de nouveau à travers la grande place toujours resplendissante sous ses feux.
Le lendemain, en direction vers la haute ville pour les vestiges laissés par les Celtes et les Romains, pourquoi ne pas repasser par la Place de l’Unité italienne? J’en ai rêvée. Étrange, il me semble qu’elle a perdu de son opulence. Les monuments sont là, mais l’atmosphère a changé. Je m’interroge. Que manque-t-il ?
L’éclairage !
Vienne la nuit qui lui redonnera sa splendeur !
00:20 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nuit, éclairage, feux
28.03.2012
Venise
Dernière escale de notre périple à bord du World : Venise.
Dès l’aube, nous montons sur le pont supérieur pour assister au spectacle qu’on dit grandiose de l’entrée par le Grand canal. Grande est notre déception, il pleut à boire debout, une brume à couper au couteau nous cache toute vue et il vente à écorner les bœufs.
Me vient à l’esprit la chanson d’Aznavour : Que c’est triste Venise…
Mais nos amours ne sont pas mortes… Nous ne pouvons tout de même pas rater la Sérénissime. Une fois notre navire à quai, nous revêtons imperméables et courage, prenons un vaporetto qui nous conduit tous les quatre (1) près de la place Saint-Marc.
La place est déjà noire de monde. Nous nous frayons un chemin parmi la forêt de parapluies et entrons dans la Basilique dédiée à l’évangéliste Marc. Sa décoration de marbres polychromes et ses mosaïques byzantines nous éblouissent. À la sortie de ce lieu saint, toujours la putain de pluie. Nous faisons la queue pour le Palais des Doges. Je cherche en vain des points de repères. J’y suis pourtant venue il y a vingt ans. L’escalier d’or ravive mon souvenir. Je retrouve l’opulence des doges. À la sortie, un soleil radieux.
Nous nous attardons sur la Piazzetta San Marco. Le campanile disparaît derrière des échafaudages mais les lions dorés et les pigeons sont bien présents.
Sous les arcades de la place nous ne pouvons résister à l’achat des souvenirs. Pourquoi pas des bijoux en verre de Murano pour nos petites-filles? L’enthousiasme nous conduit même à acheter certaines étrennes pour Noël.
Claude, éternel romantique, tient absolument à aller au café Florian. L’endroit est complet. Nous en faisons le tour cependant, saluons le chinois qui a vu tant d’amants réunis à ses pieds. Nous quittons le café pour nous perdre dans la ville aux mille merveilles.
Dans une ruelle un petit bistro sympathique nous attire. C’est le patron qui nous accueille avec sa bonne humeur. Nous nous attablons. Deux bonnes heures d’allégresse. Pâtes et chianti au menu.
Dernier tour de piste à travers ponts, venelles et canaux. Un galeriste bavard nous invite. Il expose d’intéressantes œuvres contemporaines. Il parle français. Nous avons droit à une diatribe passionnée de sa part sur les magouilles de l’administration municipale, sur la durée interminable de certaines rénovations dont les échafaudages et les bâches cachent aux touristes les monuments de la ville. « Vous avez vu cette toile publicitaire qui cache le pont des soupirs? Elle est là depuis trois ans! L’annonceur est un ami du maire. » À croire qu’en apprenant le français à Paris il a appris à ronchonner comme un parisien.
Le temps passe. Le soir tombe. Venise commence à fermer ses portes à notre trop courte visite. Il faut rentrer.
Nous nous dirigeons vers notre vaporetto. Dernier salut à San Marco. Devant la Pietà quelques notes de Vivaldi. Il y a concert ce soir. Nous quittons Venise illuminée. Nos regrets aux Canaletto, Titien, Tintoret, Véronèse et autres que nous n’avons pas eu le temps d’admirer. Une autre fois peut-être ?
Pour l’heure, il faut boucler les valises. Tôt demain, départ vers l’aéroport Marco Polo.
(1) L’escale à Venise est du 7 octobre 2011. Claude et moi avons fait ce périple en Méditerranée à bord du World avec ma belle-sœur Michèle et son mari Yves.
02:04 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand canal, pluie, place saint-marc
14.03.2012
Journée internationale de la femme
Aujourd’hui 8 mars 2012, Journée internationale de la femme.
Me revient en mémoire la journée du 8 mars 2008 vécue en Argentine.
À notre arrivée au village de Purmamarca dans les basses Andes un rassemblement attire notre attention. Des musiciens et des danseuses donnent un spectacle sur la place. Nous admirons la grâce des danseuses, la couleur locale de la musique andine. C’est l’expression de la fierté de ce peuple. Nous réalisons que c’est aujourd’hui la journée internationale de la femme lorsque la présidente de la fête, vêtue de son costume traditionnel très coloré et de son chapeau melon andin, prend la parole. Notre guide nous traduit ses propos. Elle parle de l’évolution de la femme amérindienne, de son émancipation et de ses aspirations… Femme, je me sentais solidaire avec elle.
Après le spectacle, notre guide Joan nous amène dîner dans un restaurant qui ressemble à la maison longue de nos amérindiens de l’Amérique du nord. Mets savoureux faits de produits locaux. Des musiciens de formation classique jouent sur des instruments d’origine andine, incluant le plus connu, la flûte des Andes.
La fête continue. J’entre dans la danse partageant l’allégresse et la joie de vivre avec mes semblables du bout du monde.
00:44 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, argentine, fête
05.02.2012
Similitude
Qui aurait dit que le torride Sahara me ferait penser au lac Saint-Jean en hiver ?
Lors d’un voyage en Tunisie je découvre le désert du Sahara. Des bédouins offrent aux touristes une ballade à dos de dromadaire. Exotisme pour la Saguenéenne que je suis. Je succombe et accepte l’expérience.
Pour me protéger du soleil, le chamelier me coiffe d’un long foulard bleu drapé comme le turban des touaregs. Il me présente ensuite ma monture, un placide camélidé à la robe fauve, genoux fléchis, prêt à m’accueillir. Une fois montée en selle, je dois m’accrocher solidement au pommeau, sinon, gare à moi quand la bête se lèvera. Son mouvement de balancier risque de me propulser tête première.
Me voilà haute perchée devant un paysage infini. La caravane avance en silence. Je n’entends que le son amorti par le sable des pas de ma bête. Je laisse mon corps se mouvoir au rythme berçant de l’animal. Mon esprit atteint une douce sérénité. Je suis bien, tout à la contemplation de cet immense espace ponctué de dunes sculptées par le vent.
Je ressens soudain une impression de déjà-vu. Une image lointaine à mes yeux se superpose. C’est le lac Saint-Jean en hiver de mon enfance couvert à l’infini de congères. Même immensité, même silence, même désert… sauf de blanc et de froid.
16:29 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : déjà-vu, espace, désert
23.01.2012
Histoires de jaquettes
En vidant ma valise, au retour d’un voyage en France, je constate qu’il me manque une jaquette. Ma plus belle. Celle brodée, en fin coton, de style victorien.
Je ne sais trop où je l’ai oubliée, mais je pense que c’est lors d'une des dernières étapes : Aix ou Arles en Provence, ou Briançon dans les Hautes-Alpes.
Il est vrai que chaque hôtel possède bien notre adresse grâce à la fiche que Claude a rempli lors de notre arrivée, mais il est vrai également qu'aucun hôtelier d'expérience, tout honnête qu'il soit, n'oserait de son propre chef renvoyer des dessous féminins oubliés par un couple de voyageurs. Discrétion du métier oblige. Car faut-il le rappeler, il arrive parfois que certains couples mentent. J'imagine sans peine l'embarras du mari, comme ce malheureux homme contraint par ses affaires de s'absenter au loin quelques jours sans sa chère moitié, si un paquet contenant de pareilles frivolités était livré à son domicile.
— Chéri, tu peux m'expliquer pourquoi on a trouvé cette jaquette dans ta chambre ?
Trêve de plaisanterie, je tente donc ma chance. J’écris aux trois hôtels où nous sommes descendus dans ces villes. Qui sait ? Le personnel de l’un d’eux l’a probablement trouvée ?
La chance me sourit. Quelques semaines plus tard je reçois de Briançon un colis contenant ma chemise de nuit, lavée, repassée et enveloppée de papier de soie. Un vrai cadeau!
Avec mes remerciements à l’aubergiste je promets de recommander chaleureusement Briançon et leur honnête auberge aux amis.
Briançon, ville d’art et d’histoire, inscrite au Patrimoine de l’UNESCO par ses fortifications de Vauban, vaut le détour.
Elle est si ensorcelante qu’elle me fit même perdre la tête.
Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.
Ce temps où les hôpitaux n’étaient pas devenus des lieux de passages rapides. Par exemple lorsqu’on y accouchait, on y restait cinq ou six jours. On s’y amenait avec une petite valise contenant effets personnels et jaquettes.
La jaquette de l’hôpital (cette indécente fendue dans le dos) ne se portait que la journée de l'accouchement. Les jours suivants où nous nous reposions nous portions nos jolies chemises de nuit dès le matin pout la visite du médecin et autres visiteurs.
Je me rappelle qu'un jour à la maison j'avais oublié de prendre une jaquette avant d’aller au bain. Me sentant inconvenante de sortir nue devant les enfants, j’appelle Claude à la rescousse.
— Veux-tu m'apporter une jaquette que tu trouveras dans le tiroir du milieu de la commode ?
Mon homme s’amène avec deux chemises de nuit et demande d’un air moqueur :
— Celle pour le mari ou celle pour le docteur ?
23:51 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jaquette, oubli, hôtel
29.10.2011
Rencontre inattendue
Ma fille Marie voyage beaucoup. Je la suis grâce à ses courriels quotidiens. Celui d’aujourd’hui nous ramène à la fin des années soixante.
— Maman, j’ai rencontré une amie d’enfance au Musée des beaux-arts de Copenhague ce matin. J’étais si émue que j’ai voulu absolument la présenter à René. Je t’envoie la photo de mon amie.
Une difficulté technique m’empêche de sortir la photo annoncée. Le temps que mon super technicien d’époux vienne à ma rescousse j’énumère mentalement toutes les copines d’enfance de Marie : Andrée, la petite voisine assidue à la maison? Myriam, la fabuleuse originaire de Belgique ? Johanne, la complice dans les recherches scolaires? Qui donc est cette amie rencontrée par hasard dans ce lointain Danemark?
Enfin, d’un coup de maître, Claude fait apparaître sur l’écran de mon ordinateur l’image de la jeune fille en question. Qui est-ce?
C’est en 1967, lors d’un voyage en Europe, que nous avions découvert ce tableau. Quelque chose dans cette jeune fille évoquait la nôtre. Elle dégageait la même grâce sereine de notre sage fille de dix ans. Nous en avions rapporté à son intention la reproduction que nous avions placée bien en vue sur un mur de la cuisine. C’est ainsi que Marie a vécu son adolescence en compagnie d’Alice.
La rencontre inattendue de Copenhague en cette année 2011 fut suivie d’échanges de courriels entre Marie et moi pour dater l’arrivée d’Alice à la maison. Parmi les photos familiales que je me suis mise à fouiller j’en ai découvert plusieurs où on voit Alice en arrière-plan suspendue au mur. Une photo m’a particulièrement touchée, celle où Marie porte la robe semblable à celle d’Alice que j’avais cousue avec tant d’amour.
— Tu l’avais faite sans patron et je me disais que ma mère était la meilleure.
Au moment d’écrire cette anecdote, je suis encore tout émue par cette rencontre de Marie avec cette amie d’enfance. Je ne sais si c’est la mère ou la pédagogue en moi qui est la plus remuée. La première revoit sa jeune fille si mignonne en bleu Alice. La seconde constate encore une fois avec ravissement la force spirituelle de l’art et sa pérennité.
01:10 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tableau, alice, amie
25.10.2011
Une initiation particulière avec Suzie
C’est à Suzie que je dois mon initiation érotico-sadomasochiste.
Nous logeons rue Godot-de-Mauroy à Paris. Au moment de sortir de l’hôtel, Claude a besoin d’un renseignement auprès de la réception.
— Marchez lentement, dit-il, je vais vous rattraper.
Sitôt dans la rue, Suzie toujours ludique, me propose de nous cacher. Rigolant comme deux gamines, nous entrons dans le portique de la première boutique. La porte est entrouverte. Une dame charmante nous invite à entrer. C’est la propriétaire du sex-shop où nous sommes.
Belle occasion de s’instruire pour deux innocentes! La dame nous fait l’honneur d’une visite guidée de sa boutique. Nos allures de néophytes lui suggèrent sans doute que nous avons largement à apprendre en érotisme et porno. Pour nous rassurer elle ajoute :
— J’ai une clientèle sélecte, vous savez. Je reçois des magistrats, des professeurs d’université, des politiciens, des diplomates, des hauts fonctionnaires, bref, la crème du raffinement social. La semaine dernière j’ai même reçu un sous-ministre du Québec…
Surpris de nous trouver en pareil endroit, Claude entre dans la boutique au moment où nous sommes devant la lingerie de séduction, des petites culottes mangeables à saveur de cerise. Suivent les poupées gonflables, les godemichés dernière tendance, les chapelets thaïs, les boules de geisha…
— Les Japonais excellent dans le raffinement érotique, précise notre guide.
Pour finir, nous visitons la chambre sadomasochiste qui expose des lanières de cuir, des fouets, des ceintures de chasteté, des menottes destinées aux poignets et aux chevilles… Bref, la totale pour les esprits tordus.
Nous remercions la dame et sortons muettes d’étonnement.
Voilà comment, grâce à Suzie, j’ai eu mon initiation en marketing érotico-sadomasochiste.
01:07 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sex-shop, sadomasochiste


